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Avec
Béatrice & Nicolas ANDRÉ
CIMAROSA, HÜMMEL, HAENDEL etc.
                                                                                                        
Souligner ce que la trompette doit à Maurice André est presque devenu un lieu commun.
Rappelons tout de même que cet instrument a connu grâce à lui, en France et dans le monde, une renaissance somptueuse. Le miracle tient à un simple fait : l'entente entre l'homme, la musique et l'instrument est si totale que la trompette semble soudain devenue un moyen d'expression universel, capable de tout exprimer, de jouer toutes les musiques.
Souffler dans une trompette et travailler à la mine peuvent sembler deux activités incompatibles. C'est pourtant ainsi que débuta l'existence artistique de Maurice André.
Né à Alès, près du bassin minier des Cévennes en 1933, il aurait pu rester à la mine si l'évidence de ses dons ne l'avait rapidement conduit hors du cycle traditionnel pour tant d'enfants de la région. Admis au Conservatoire National de Paris, il y remporte rapidement un Prix d'Honneur au Cornet, puis, un an après, un Premier Prix de Trompette. Ce sont les premiers prix qu'il gagne ensuite au Concours International de Genève en 1955, et de Munich en 1963, qui le placent sur l'orbite de la grande carrière internationale. L'Allemagne d'abord le réclame, le Japon, la Suisse puis les Pays Scandinaves, l'Amérique du Nord, celle du Sud, le monde entier enfin n'imagine plus que l'on puisse mieux jouer de la trompette.
Maurice André en effet parvient à convaincre des possibilités quasi illimitées de son instrument. Jadis considérée comme de première importance, puis reléguée au rôle d'instrument d'orchestre par l'époque romantique, la trompette trouve en lui le virtuose et le musicien capable non seulement de lui rendre tout son répertoire, mais aussi de l'élargir en abordant les pages des répertoires voisins et en suscitant maintes créations. Maurice André en effet n'est pas le gardien du musée des musiques d'autrefois. S'il triomphe dans les œuvres les plus anciennes, c'est qu'il sait en discerner le dynamisme et la vie et qu'il est tout aussi apte à apprécier et à jouer les créations les plus contemporaines. Cela suppose une technique inhabituelle, certes, mais aussi une sensibilité musicale particulièrement éclectique.
Jamais autant qu'avec Maurice André, le chant de la trompette ne s'est rapproché des accents de la voie humaine, tour à tour puissant ou léger, rayonnant ou dramatique.
Nommé professeur au Conservatoire National de Paris en 1967, Maurice André a pu mesurer de par le nombre et la qualité de ses élèves l'importance des vocations qu'il a suscitées. Véritable maître et modèle de toute une génération, il a su transmettre à, ses élèves à la fois les secrets de sa technique, les élans de son enthousiasme et les mystères d'une sensibilité qui permet de donner aux pages les plus connues et les plus jouées une vie différente, un intérêt sans cesse renouvelé.
A une époque où le monde musical bouillonne d'une activité intense dans tous les domaines, Maurice André est la vivante démonstration qu'il n'existe pas d'instrument mineur, ou d'importance secondaire, et qu el salut de tout un répertoire peut être suspendu à la volonté et au talent d'un seul homme.
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